Ecole du Dragon de Jade
Ecole de Médecine Traditionnelle Chinoise à Angers
49000 Angers
 
 
 

Zhang Zhongjing, le sage de la MTC

12 Mar 2022 Ecole du Dragon de Jade Culture chinoise

ZZJ, de son véritable nom Zhong Ji, fut médecin sous la dynastie des Han. Peu de choses sont connues sur sa vie, mais il est considéré comme l’un des médecins les plus influents en Chine, depuis près de 1800 ans.

 

Les historiens considèrent qu’il aurait vécu de 150 à 219/220, et qu’il serait né à Nanyang (province actuelle du Henan), avant d’étudier la médecine avec son maître Zhang Bozi et d’occuper un poste de fonctionnaire à la préfecture de sa province, Changsha. Son nom n’a été retrouvé dans aucun ouvrage historique connu, mais on retrouve des traces de ce qu’a été sa vie à travers quelques témoignages indirects cités dans des ouvrages de médecine à partir du 3ème siècle. Le célèbre médecine Huang Fumi relate ainsi plusieurs anecdotes à son sujet.

 

Ce que l’on connaît en revanche beaucoup mieux, c’est le contexte dans lequel il vécut, et celui fut désastreux. D’une part, la guerre faisait des ravages partout, et la fin de la dynastie Han approchant, on s’avançait progressivement vers la période dite des « Royaumes combattants », durant laquelle des chefs de guerre de trois royaumes se faisaient une guerre incessante. Une calamité n’arrivant jamais seule, la partie de la Chine dans laquelle ZZJ vivait, fut aussi frappée par de terribles épidémies. Des sources historiques relatent que dans certaines provinces, ce furent jusqu’aux 2/3 des personnes qui succombèrent de maladies fébriles et infectieuses inconnues. ZZJ vit ainsi lors de son enfance, impuissant, la majeure partie de sa famille succomber sous ses yeux.

 

Ce fut une chance pour nous, a posteriori, car ces événements furent le terreau d’une détermination inébranlable de ZZJ, pour étudier la médecine. Il se plongea tant et si bien dans l’étude des textes médicaux de son époque, qu’il fut très vite reconnu comme un grand érudit. De plus, il s’intéressa de très près aux remèdes populaires de plantes utilisés ça et là, et passa une bonne partie de sa vie à recueillir, recenser et répertorier de nombreux remèdes ainsi découverts. Et en matière de connaissances pratiques et cliniques, il surpassa vite son maître Zhang Bozi.

 

Pour arriver à un tel niveau de maîtrise, il se rendit fréquemment au coeur des zones touchées par les épidémies. Et là où tous les autres médecins de son époque fuyaient, sans ressources devant ces catastrophes sanitaires, ZZJ s’est forgé une solide réputation de médecin proche de ses patients, sans soucis de leur statut social. Certaines anecdotes sur sa vie témoignent en effet de la gratitude de ses patients ainsi sauvés d’une mort certaine sans les traitements adéquats qu’il leur administrait. C’est sans aucun doute grâce au travail infatigable de cet homme dans l’études théoriques des textes de médecine, aussi bien que dans la pratique clinique et la proximité d’avec ses patients, que nous sont parvenus deux ouvrages majeurs, qui ont révolutionné à jamais la sémiologie et la pratique de la MTC.

 

La réalisation majeure de ZZJ, fut le Shanghan zabing lun [Traité des attaques du Froid et de diverses maladies]. Il a ni plus ni moins posé les bases de la manière dont la Médecine chinoise a évolué jusqu’à nos jours, et fait partie encore aujourd’hui des classiques fondamentaux de la médecine chinoise. De tous les ouvrages de médecine chinoise, il est sans doute celui qui a fait l’objet des commentaires les plus nombreux. Il est encore aujourd’hui le texte le plus soumis aux travaux de recherches partout dans le monde.

Ce texte fut perdu peu de temps après la mort de ZZJ, et il nous est parvenu jusqu’à ce jour sous la forme, incomplète de deux ouvrages, qui en étaient constitutifs : le Shanghanlun et le Jingui yaolüe. En effet des fragments du Shanghan Zabing Lun ont été retrouvé, puis compilé par Wang Shuhe quelques dizaine d’année plus tard, puis au VIIe siècle grâce à Sun Simiao.

Sous les Song, avec la création du Jiaozheng yishuju [bureau des publications médicales révisés] et le développement de l’imprimerie, la reproduction et la diffusion de nombreux textes médicaux comme le Jingui yaolüe fanglun, le Neijing, le Shanghanlun, etc., est favorisé. La première édition imprimée du texte de ZZJ, voit le jour en 1065, et celle-ci ne nous est parvenue que grâce à une réédition de1599.

Ce livre contient une explication de l’apparition et de l’évolution de nombreuses maladies infectieuses. Il propose une approche selon les 6 Grands Méridiens (Tai Yang, Shao Yang, Yang Ming, Tai Yin, Jue Yin et Shao Yin), et des traitements surtout à base de plantes pour de nombreux syndromes ainsi répertoriés et classifiés. L’ensemble du traité contient 398 articles et 113 formules liés à des syndromes spécifiques, et cet apport en termes de pharmacopée chinoise a été capital, de même que sa connaissance des pouls. En outre, il est important de souligner que, malgré son titre, le « Traité des attaques du Froid » est loin d’être exclusivement consacré aux maladies générées par le Froid externe et que ses tableaux cliniques sont largement utilisés dans le traitement des maladies courantes (pneumologiques, gastroentérologiques, gynécologiques, neurologiques, auto-immunes, psychiatriques, dermatologiques, endocriniennes, etc.), que celle-ci soient aiguës ou chroniques, d’origine externe ou interne.

 

Son approche est typique de la manière dont fonctionne la MTC depuis 2000 ans : ZZJ s’est en effet beaucoup appuyé sur les connaissances médicales de son époque, qu’il a commenté, approfondies, enrichies et développées. La méthode qu’il propose d’utiliser, dite de la « différenciation » des syndromes (selon les Ba Gang / 8 Règles), est aujourd’hui encore enseignée, et appliquée par chaque praticien de MTC dans le monde.

 

L'histoire de ZZJ me touche personnellement : j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour toute personne qui dédie sa vie à améliorer celle des autres. Chaque jour que je pratique la MTC, je pense à lui, et je le remercie pour la sagesse, la clarté et la pertinence de son travail. Quand une personne atteint un tel niveau de maitrise (on appelle cela le Kung Fu en chinois), on ne peut que s’émerveiller de la beauté de son travail, même plusieurs siècles plus tard.


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